
Le manifeste des fermes d'animation
Nous sommes gestionnaires de fermes d’animation, professionnels, partenaires, bénéficiaires, bénévoles et citoyens attachés à ces lieux.
Nous connaissons leur utilité, parce que nous la voyons chaque jour : ils rapprochent les personnes du vivant, transmettent, éduquent, créent du lien et préservent.
Pourtant, les fermes d’animation restent encore trop souvent méconnues, mal identifiées et contraintes par des règles qui ne correspondent pas à leur réalité.
Aujourd’hui, les adhérents de l’Association française des fermes d’animation prennent collectivement la parole. Non pour demander un traitement à part, mais pour que nos missions soient enfin reconnues, comprises et rendues possibles.
Ce manifeste porte notre voix commune.
Et surtout, notre volonté de construire l’avenir des fermes d’animation.
Les fermes d’animation sont des lieux d’éducation au vivant. Elles restaurent le lien à la nature et aux animaux et sensibilisent au bien-être animal et humain, à l’agriculture, à l’alimentation, à l’écocitoyenneté et à l’environnement. Elles ont également toute leur place aux côtés de l’École : la loi du 30 novembre 2021, dite « loi Dombreval », a inscrit dans le Code de l’éducation la sensibilisation au respect des animaux de compagnie, à leur sensibilité et à la prévention de la maltraitance dans l’enseignement moral et civique, de l’école primaire au lycée.
Ancrées dans les territoires, elles créent du lien entre les habitants et accueillent tous les publics dans une démarche inclusive. Elles participent à la citoyenneté et au vivre-ensemble, à l’amélioration de la santé mentale et physique, ainsi qu’à la lutte contre la sédentarité et le manque de nature. Elles contribuent enfin à la conservation du patrimoine vivant et à la préservation des races à faibles effectifs.
Elles sont, selon la formule de Decroly, un lieu d’éducation « pour la vie, par la vie ».
Nos structures sont fragilisées par la baisse constante des budgets publics et privés, notamment dans les secteurs de la santé et de la culture, alors même que nos charges augmentent fortement : carburant pour les déplacements et le travail agricole, électricité, eau, alimentation des animaux, soins vétérinaires, médicaments, assurances, etc.
À ces tensions économiques s’ajoutent les lourdes conséquences du changement climatique, qui imposent de nouveaux investissements pour garantir l’accès à l’eau, créer de l’ombre, ventiler et adapter les installations, tandis que certains épisodes climatiques entraînent l’annulation de sorties scolaires et périscolaires par arrêtés préfectoraux.
Les fermes d’animation font également face à la rareté des terres agricoles disponibles, même sur de petites surfaces, disposant de bâti ou de possibilités de construction, ainsi qu’à l’absence de reconnaissance de leur dimension agricole. Le renouvellement du bénévolat devient parfois difficile, tandis que le millefeuille administratif et législatif, parfois inapplicable sur le terrain, pèse toujours davantage sur leur fonctionnement. Enfin, la diminution du nombre de vétérinaires ruraux, notamment des vétérinaires sanitaires, constitue une difficulté supplémentaire pour assurer le suivi des animaux.
Une grande partie des difficultés rencontrées vient d’un constat simple : les fermes d’animation sont souvent soumises aux mêmes exigences que des élevages intensifs, alors que leur vocation, leurs effectifs animaux et leurs usages sont profondément différents.
Les règles de biosécurité en sont l’illustration : pédiluves difficilement compatibles avec l’accueil de personnes en fauteuil roulant, séparation stricte de certaines espèces, contraintes de transport pour les fermes itinérantes ou modalités d’identification parfois peu adaptées au bien-être animal et aux activités de médiation. La réglementation limite également la présentation de certaines espèces non domestiques, notamment des NAC, alors même que leur présence peut être pertinente pour sensibiliser le public aux animaux de son territoire.
À cela s’ajoutent des règles et interprétations variables selon les DDPP et les chambres d’agriculture, ainsi qu’une reconnaissance agricole inégale : accès ou non aux aides liées au carburant, contraintes de construction en zone agricole, fiscalité et taux de TVA différents. Les structures doivent par ailleurs disposer d’un vétérinaire sanitaire alors que ceux-ci deviennent difficiles à trouver.
Enfin, aucun ministère n’assure clairement la tutelle des fermes d’animation. À la croisée de plusieurs secteurs, elles restent trop souvent dans l’angle mort des politiques publiques.
NOUS DEMANDONS d’abord que les fermes d’animation soient clairement reconnues par un ministère de tutelle, avec un interlocuteur identifié et une responsabilité assumée sur ce secteur. Cette reconnaissance doit s’accompagner d’un statut propre aux fermes d’animation, fondé sur une définition claire et actualisée de leurs missions.
NOUS DEMANDONS également l’actualisation de la circulaire interministérielle de 2001 et une adaptation de la législation aux réalités de nos structures, notamment selon le nombre d’espèces et d’animaux accueillis, le volume de publics reçus et la destination des animaux. Les fermes d’animation doivent être explicitement identifiées dans les réglementations relatives à la biosécurité, afin que les règles puissent être adaptées à leurs spécificités.
Enfin, NOUS DEMANDONS une meilleure connaissance des fermes d’animation par les chambres d’agriculture et les DDPP, ainsi qu’un renforcement de la présence des vétérinaires ruraux, notamment en encourageant leur installation dans les territoires qui en manquent.
Dans cinq ans, nous voulons que les fermes d’animation soient devenues, partout sur les territoires, des structures incontournables, connues et reconnues dans les domaines de l’éducation, de la pédagogie, de l’environnement et du soin. Que leur utilité soit aussi évidente que celle d’un stade, d’une bibliothèque ou d’une salle des fêtes dans une commune.
Cette reconnaissance et cette légitimité doivent se traduire par un soutien politique et financier à la hauteur de leurs missions, afin de leur permettre de poursuivre durablement leur action au service de la population : SENSIBILISER, EDUQUER, ACCOMPAGNER, SAUVEGARDER.
Déjà 46 signataires
(MAJ au 06/11/2026)
Sophie LAMIDEY, présidente de l'AFFA (53)
Tristan FERRE, président des Entrepreneurs Animaliers et vice-président de l'AFFA (24)
Kevin GRILO, président de La Petite Ferme de Thoury (77)
Georges JOUVE, président de l'Association F.E.R.ME. (42)
Marianne KERGOSIEN, présidente de l'association Marianimaux & cie et gestionnaire d'une ferme associative (56)
Bernadette PEROCHEAU, gestionnaire d'une ferme d'animation à La Ferme Pédagogique de Dafné (85)
Leslie MENERATH, gestionnaire de ferme pédagogique à Au Pré du bonheur (49)
Salomé BALEGE, gestionnaire de ferme d'animation à Les Fun K’banes (85)
Johanna TOURÉ, gestionnaire de ferme d'animation à SASU Les animaux de Joh (45)
Romain LANTERNIER, gestionnaire de ferme d'animation Ă Eco Domaine d'Horsheim (56)
Chamsi DOUSS, gestionnaire de ferme pédagogique à L'arche paysanne (77)
Jérôme FAIVRE, gestionnaire de ferme d'animation à La Ferme des Émotions (24)
Laetitia DESENY, gestionnaire d'une ferme associative (24)
Laetitia DUPRÉ, gestionnaire d'une ferme associative (19)
Amandine RUEL, responsable de ferme (53)
Helene SAINT DIZIER, gestionnaire d'une ferme d'animation et exploitante Ă Ethoparc (63)
Colette PLISSONNEAU, coordinatrice d'une ferme d'animation à Asso Ferme Pédagogique de la Jarrie (85)
Fabienne TOURNIER, professionnelle de la médiation animale et future gestionnaire de ferme d'animation au Gaïadou (13)
Christophe LEMAIRE, gestionnaire d'une ferme d'animation en création (23)
Eline HOEFSLOOT, porteuse de projet de ferme pédagogique (66)
Frédéric ARNAULT, éducateur comportementaliste canin (63)
Marine TENT, éducatrice canine (81)
Thérèse CLERC, accompagnatrice d'enfants (63)
Richard PELLÉ, encadrant (58)
Jacques LABAT, administrateur associatif (Éducation Populaire) (63)
Ulrich DEHARBE, partenaire et bénéficiaire (63)
Sarah DEL CONTE-DESORMIERE, bénévole (63)
Amandine ROLET, bénévole à Ethoparc (38)
Charlotte FOURNAISE, bénéficiaire (51)
Héloïse GUFFROY, bénéficiaire (63)
Marion ESCUIT, bénéficiaire (63)
Pauline GRENIER, bénéficiaire (42)
Isabelle DESMOULIN, citoyenne attachée à ces lieux (67)
Aurélie THOMAS, citoyenne attachée à ces lieux (42)
Caroline DOUCHIN, citoyenne attachée à ces lieux (91)
Elisabeth BESSE, citoyenne (63)
Claire DUBUISSON, citoyenne (52)
Sandrine GUYOT DE LA POMMERAYE, citoyenne attachée à ces lieux (78)
Cécile CHAPELON, citoyenne attachée à ces lieux (42)
Elsa SENELLIER, citoyenne (88)
Carol LETANNEUR, citoyenne attachée à ces lieux (34)
Virginie MOLENDA, citoyenne (60)
Hugues MARTINAT, citoyen (58)
Marina TAMPERE, citoyenne (62)
Audrey DECIMO, citoyenne attachée à ces lieux (24)
Elodie BULTEAU, citoyenne attachée à ces lieux (24)
Pourquoi signer notre manifeste ?
Votre signature apporte du poids à notre manifeste pour le porter à la connaissance des grands décideurs en lien avec les fermes d'animation.
Vous êtes gestionnaire de fermes d’animation, professionnel(le)s, partenaires, bénéficiaires, bénévoles et citoyen(ne)s attaché(e)s à ces lieux ?
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Exemples : gestionnaire de fermes d'animation, professionnel(le) en ferme d'animation, partenaires, bénéficiaires, bénévole, et citoyen attaché à ces lieux.
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